dimanche 2 août 2015

Aurélie Genêt : l'interview !

Aujourd'hui, je vous propose un échange avec l'auteur(e) Aurélie Genêt !

Bonjour Aurélie et merci d'avoir accepté de répondre à mes questions !
Tu es auteur(e) de plusieurs romans dans le domaine de l'imaginaire : fantasy et anticipation principalement. Peux-tu nous présenter en quelques mots chacun de tes ouvrages pour nous mettre l'eau à la bouche ?
— Je vais commencer par le premier qui est celui me tenant le plus à cœur, celui qui m’a poussée à aller au bout d’un roman de bonne taille, le Sang d’Aldésie, un roman de fantasy très inspiré du XVIIé s. français. Malheureusement, il n’est plus disponible en raison d’un différend avec l’éditeur, mais je sais qu’il ressortira un jour ou l’autre, enrichi, avec une suite, chez un autre éditeur ou même autoédité. En tout cas, ce n’est pas fini pour lui.
Ensuite, sorti quasiment en même temps, les Modifiés (chez Sombres-rets). Un roman d’anticipation proche, mené un peu à la façon d’un policier et tournant autour des manipulations génétiques sur l’être humain. Ce roman compte beaucoup pour moi également car mon frère y a participé (notamment pour s’assurer de la crédibilité de l’aspect scientifique)
Récemment, j’ai autopublié Rose Poney, un court roman d’anticipation spécialement adapté aux dyslexiques ados et adultes. Parce que quand on est orthophoniste, on ne cesse jamais de l’être tout à fait.
Sinon, j’ai également plusieurs nouvelles dans des revues ou des anthologies, qui vont de l’historique à l’épouvante.

Fantasy Historique

Comment as-tu commencé à écrire ? Peux-tu nous raconter tes débuts ?
— Depuis aussi longtemps que je me souvienne. Déjà en maternelle, j’avais des cahiers sur lesquels je faisais des histoires en images (de schtroumpfs). J’ai retrouvé un petit « livre » relié avec un brin de laine, et vraisemblablement réalisé quand j’avais l’âge du CP d’après l’écriture : un dessin par page avec un petit texte au-dessus. Mon premier vrai roman, si j’ose l’appeler ainsi, c'est-à-dire la première histoire complète relativement longue, je l’ai écrit en 6è, une histoire d’animaux qui menaient une enquête après des morts suspectes dans une ferme.

science fiction anticipation

As-tu des rituels lorsque tu écris (lieux, musiques, accessoires...) ? Es-tu plutôt papier/crayon ou ordinateur ? Post-it partout ou fichiers informatiques ? Architecte ou jardinier* ?
— Pas de rituels, non. Surtout pas de musique ou d’autre élément perturbateur. Je suis complètement papier/crayon. Pour moi, la main suit davantage le rythme de la pensée quand elle peut courir sur le papier, alors que le clavier et l’écran mettent une distance qui nécessite un autre type d’écriture, moins spontanée, moins émotionnelle. Donc j’ai des feuilles qui traînent dans tous les coins, des trucs écrits partout, aucune organisation digne de ce nom. J’oubliais de préciser que je n’écris que sur des feuilles de brouillons, celles qui ont déjà servi d’un côté par exemple, les publicités… Je déteste gaspiller du papier… et je m’y retrouve mieux dans mon désordre.
Jardinier, sans hésitation. Impossible pour moi de faire un plan. Si je me contrains à en faire un, je ne le respecte pas. J’ai besoin de laisser mes personnages exister, prendre les rênes. Je les imagine et une fois que je les connais bien, je les pose dans le monde que j’ai bâti, je les laisse vivre leur vie et me contente de les suivre et de raconter ce que je vois.

Rose Poney

Dans quelle(s) mesure(s) ta profession d'orthophoniste a-t-elle pu influencer tes écrits ?
— Elle les particulièrement influencés pour Rose Poney, bien sûr, puisque c’est elle qui m’a fait penser à une population malheureusement souvent oubliée, celle qui peine à lire mais n’en aime pas moins les histoires. Hors ce projet particulier, je dirais que c’est plutôt le contraire : c’est mon goût pour la langue française qui m’a poussée vers le métier d’orthophoniste.

Bibliographie

Tu as travaillé avec plusieurs maisons d'édition ainsi qu'en autoédition pour ton dernier ouvrage. Peux-tu nous en dire un peu plus sur ces différentes expériences ? Avantages, inconvénients...
— Je n’ai pas beaucoup de recul pour l’autoédition. Ce que je peux dire, c’est qu’en termes de vente et de visibilité, c’est du pareil au même à peu près (sachant que ce sont de toutes petites maisons d’édition).
Les avantages d’être éditée chez un éditeur : un travail avec l’éditeur en question sur certains points du texte qui peuvent permettre de l’améliorer, une correction parfois bienvenue (on a beau faire attention, il y a toujours des erreurs qui passent entre les mailles du filet). Un regard extérieur et d’expérience peut être un vrai plus. Quelqu’un pour s’occuper de la mise en page, de la couverture… Pas d’avance de frais.
Les inconvénients sont le pendant des avantages : des exigences de changement sur le texte parfois excessives, une couverture qui nous représente mal ou ne nous parle pas (c’est embêtant quand, soi-même, en voyant la couverture, on se dit « ce n’est pas mon genre de littérature »), des gains financiers ridicules qui ne couvrent même pas les salons auxquels on participe. Et justement, chez de très petits éditeurs, devoir se débrouiller pour presque tout (dédicaces, salons…). En autoédition, on garde plus de liberté avec l’impression qu’au moins, si on se plante, c’est de notre faute uniquement et pas parce qu’un autre intervenant n’a pas fait correctement son travail.
Après, niveau édition, même si pour les ventes, c’est identique, j’ai deux expériences très différentes dues aux personnalités très différentes des deux éditeurs. L’une qui m’aurait dégoûtée de l’édition traditionnelle, l’autre qui me fait dire que, même si financièrement, c’est proche de zéro, on s’enrichit humainement. C’est important aussi.
En conclusion, pour ma part, je tiens à essayer d’avoir régulièrement des ouvrages édités chez des éditeurs (même simplement des nouvelles. Et dans ce dernier cas, je n’ai eu que de bonnes expériences) parce que je considère que ça reste indispensable, ne serait-ce que pour progresser et se remettre en question. Et parallèlement sortir certains ouvrages en autoédition.

science-fiction

Quels sont tes projets à venir ? Nouveaux romans, salons... ?
— Je fais régulièrement des salons toute l’année. Le prochain serait à Marbache, en Lorraine, le premier weekend de septembre et je serai au Livre sur la Place de Nancy, pour Rose Poney, dans le stand des autoédités. J’en ai d’autres en prévision, mais pas fixés encore. Je reste cependant à proximité de chez moi, donc en Alsace-Lorraine.
J’ai deux romans qui cherchent un éditeur (ou qui seront autoédités au moins pour l’un des deux), un de fantasy, l’autre de littérature générale. J’arrive au bout d’un autre manuscrit en fantasy… et des projets plein la tête.

Merci encore d'avoir accepté l'interview Aurélie !

Pour retrouver Aurélie Genêt sur la toile :

science-fiction

*« J’ai toujours clamé haut et fort qu’il existe deux sortes d’auteurs. En simplifiant, il y a les architectes et les jardiniers. Les architectes créent des plans avant même d’enfoncer le premier clou, ils conçoivent toute la maison : l’emplacement des tuyaux et le nombre de chambres, la hauteur du toit. Ils ont tout prévu, contrairement aux jardiniers, lesquels estiment qu’il suffit de creuser un trou et semer la graine pour voir ce qui arrive. »
GRR Martin.

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